Divertissement
 

Mes Impostures

De PetitSarko.

[modifier] Un grand mensonge au service de l'injustice sociale

Nicolas Sarkozy l'a répété jeudi soir dans l'émission A vous de juger sur France 2 : s'il est élu, il supprimera l'impôt sur les successions « pour 95% des Français ». Il a fait de cette mesure une de ses priorités, en l'inscrivant sur la liste des 6 propositions les plus importantes qu'il s'est engagé à tenir à la fin de l'émission. Cette proposition relève à la fois du grand mensonge électoral, de l'injustice sociale et du non-sens économique.

  • Un mensonge électoral : Nicolas Sarkozy entend exempter 95% des Français de l'impôt sur les successions, et veut ainsi faire croire que cette mesure profiterait à tous, riches et moins riches. C'est une vaste hypocrisie : 90% des conjoints et 80% des enfants qui héritent sont déjà exemptés de tout impôt. Un cinquième seulement des déclarations de succession sont frappées de droit. La mesure de Sarkozy vise donc à satisfaire une clientèle électorale bien précise, les 15% des Français les plus riches (avec, par pudeur sûrement, le maintien de droits sur les 5% encore plus riches). Les contribuables de Neuilly apprécieront, les ouvriers auxquels le candidat de l'UMP a fait mine de s'intéresser récemment avec une grande compassion, nettement moins.
  • Une injustice sociale : au cours de la même émission, Nicolas Sarkozy a justifié cette mesure de façon plutôt curieuse, voire incompréhensible.

« L'égalité des chances, c'est pas d'aller prendre à celui qui a travaillé le fruit d'une vie de travail, c'est que celui qui n'a pas la chance de pouvoir hériter ait les mêmes chances un jour de se constituer un patrimoine que celui qui a hérité ». Je justifie donc la suppression de l'impôt sur les successions au nom même de ce pour quoi il a été créé, c'est-à-dire éviter que ne se reproduisent et s'accroissent indéfiniment les inégalités de patrimoines entre ceux qui héritent et ceux qui n'héritent pas Avec Nicolas Sarkozy, les enfants des plus riches seront toujours plus riches, les enfants des plus pauvres toujours aussi pauvres. Loin de valoriser le « travail » et « l'effort », la suppression de l'impôt sur les successions favorise les rentiers, les « fils de », les dynasties.

  • Un non-sens économique : cette mesure témoigne enfin de l'incohérence totale du projet de Nicolas Sarkozy en matière économique. Il est complètement contradictoire de défendre la « valeur travail » tout en exonérant fiscalement les patrimoines. Loin de brider les initiatives, l'impôt sur les successions était défendu dès le XIXe siècle par Carnegie et par les self made men comme une puissante incitation… à travailler, pour éviter que les héritiers ne se contentent de vivre paresseusement de l'argent de leurs parents.

En résumé, à la grande majorité des Français qui gagnent entre 1 et 2 fois le SMIC et qui ne sont pas imposés sur leurs successions, Sarkozy dit : travaillez plus. Aux 15% des Français les plus aisés, le même Sarkozy dit : l'Etat va vous aider en supprimant l'impôt sur les successions. Cette mesure s'apparente donc à une redistribution à l'envers, des classes populaires et moyennes vers les classes les plus aisées. II) «Je veux un ministère de l'immigration nationale et de l'identité nationale»

Propos de Nicolas Sarkozy dans l'émission de France 2 « A vous de juger » le 8 mars 2007.

En faisant de l'immigration une menace à « l'identité nationale », Nicolas Sarkozy s'aventure une nouvelle fois du côté des thèses traditionnelles du Front National.

L'extrême droite française a fait en effet de la thématique identitaire son fonds de commerce depuis les années 1970. C'est une vision de l'immigration comme « agent dissolvant » d'une identité nationale figée et préexistante que le candidat de l'UMP véhicule aujourd'hui. Ce repli identitaire fait de la nation française un concept abstrait, qu'il faudrait protéger de toute autre influence culturelle, sous peine de la voir disparaître. Nicolas Sarkozy ressuscite la peur de « l'étranger », amalgamant immigrés intégrés de longue date dans la société française, nouveaux arrivants réguliers et clandestins, tous porteurs du même danger : celui de « dénaturer » la nation.

C'est oublier précisément que « l'identité » française est le produit de vagues d'immigration successives, qui ont toutes pris une part essentielle à la construction de la nation et de son histoire. Nicolas Sarkozy porte au contraire une conception nauséabonde de l'identité, endossant les mots de la vulgate frontiste, en affirmant « Je souhaite qu'on ne puisse pas vivre en France sans respecter sa culture et ses valeurs (…). C'est parce que je veux protéger la France et ses valeurs que je souhaite que soient définis les principes de l'entrée et du séjour des étrangers dans notre pays » (discours prononcé à Cormeilles-en-Parisis, le 6 mars 2007).

J' utilise une nouvelle fois le thème de l'immigration et l'obsession de l'identité nationale à des fins électoralistes, pour mieux éluder les vraies questions économiques et sociales. Alors qu'il est Ministre de l'Intérieur depuis 5 ans, après avoir fait deux lois répressives contre les immigrés, restreignant de façon drastique les conditions d'accès au territoire français des immigrants et des demandeurs d'asile, Nicolas Sarkozy annonce de nouvelles règles encore plus dures pour les immigrés, qui créeront des conditions d'existence inhumaines et un nombre de clandestins accru.

Avec Moi, Nicolas Sarkozy vraiment, tout sera pire